Le Reality Rating Level (RRL) et le Scalability Rating Level (SRL)
Abstract
Le **Reality Rating Level (RRL)** et le **Scalability Rating Level (SRL)** sont deux indices conçus pour évaluer, sur des cas précis, le degré d’ancrage réel et la capacité de diffusion d’un mécanisme fictionnel. Le RRL mesure l’existence de briques déjà observables, leur proximité avec la fiction et les conditions qui peuvent accélérer leur normalisation. Le SRL mesure la capacité de ce mécanisme à se répliquer, à se standardiser et à changer d’échelle. Ces indices ne visent ni à prédire l’avenir ni à mesurer une simple plausibilité spéculative ; ils servent à structurer une enquête sur des mécanismes socio-techniques déjà partiellement observables. Leur usage suppose une unité d’analyse précise, des preuves explicites, l’identification de freins et de contre-forces, ainsi qu’un niveau de confiance associé à chaque évaluation. Cette proposition s’inscrit dans une double perspective : d’une part, le développement d’un agent conversationnel capable d’assister l’analyse ; d’autre part, la conception d’ateliers fondés sur des cartes physiques ou numériques permettant de manipuler collectivement les mécanismes étudiés.
Sommaire
- Introduction et contexte
- Définition
- Problématique
- Positionnement dans la famille des RL
- Principes d’évaluation
- Méthodologie d’enquête
- RRL : Reality Rating Level
- SRL : Scalability Rating Level
- Réversibilité du SRL et dynamiques de renversement
- Freins, verrous et niveau de confiance
- Fiche standard d’analyse
- Lecture croisée RRL / SRL / MRL
- Usages : agent conversationnel et ateliers
- Limites et discussion
- Références minimales
- Formules courtes
1. Introduction et contexte
Les pratiques de design fiction et de design spéculatif produisent des récits, objets et situations permettant d’explorer des futurs plausibles, de rendre visibles des tendances émergentes et d’ouvrir des discussions critiques sur les trajectoires technologiques, sociales ou politiques. Cependant, ces pratiques rencontrent une difficulté récurrente : comment discuter rigoureusement de la part de réel déjà présente dans une fiction, et de la vitesse avec laquelle certains de ses mécanismes pourraient se diffuser ?
Dans de nombreux cas, la fiction convainc par sa puissance narrative sans fournir d’outil stable pour distinguer ce qui relève de l’invention pure, de la recombinaison de fragments existants, ou d’une dynamique déjà en cours de généralisation. À l’inverse, les approches fondées sur des indices de maturité — par exemple le TRL, le HRL ou le MRL — restent souvent centrées sur des produits, des technologies ou des marchés, sans décrire adéquatement la manière dont des dispositifs socio-techniques, contractuels, institutionnels ou culturels se normalisent.
Le RRL et le SRL sont proposés pour répondre à cette zone intermédiaire. Ils visent à produire un cadre d’analyse permettant de relier un mécanisme fictionnel à des éléments observables du réel, tout en évaluant sa capacité à changer d’échelle. Dans cette perspective, la fiction n’est pas pensée comme l’opposé du réel, mais comme une méthode de recomposition critique permettant d’observer ce qui est déjà partiellement là, ce qui peut se propager, et ce qui résiste encore.
2. Définition
Le **Reality Rating Level (RRL)** est un indice qui mesure le degré d’ancrage réel d’un mécanisme fictionnel. Il évalue l’existence de briques déjà observables, leur proximité avec la fiction et les conditions qui peuvent accélérer leur normalisation.
Le **Scalability Rating Level (SRL)** est un indice qui mesure la capacité structurelle de ce mécanisme à se diffuser une fois qu’il existe. Il évalue sa modularité, son coût marginal de réplication, sa dépendance à des infrastructures existantes, sa standardisation juridique ou contractuelle et son acceptabilité sociale.
L’unité d’analyse n’est jamais une ambiance générale, une peur diffuse ou un thème abstrait. Elle est toujours un **mécanisme socio-technique précis**, défini par des acteurs, un support, une population cible et un contexte d’application.
3. Problématique
La question centrale de cette proposition est la suivante : **comment évaluer l’ancrage réel et la capacité de diffusion de mécanismes fictionnels, de manière suffisamment structurée pour être à la fois exploitable par un agent conversationnel d’assistance à l’analyse, et mobilisable dans des ateliers sous forme de cartes physiques ou numériques ?**
Cette problématique implique plusieurs exigences. D’une part, l’outil doit être suffisamment explicite pour qu’un agent conversationnel puisse aider à documenter un mécanisme, suggérer des pistes de scoring, signaler des freins ou formuler des questions de contrôle, sans pour autant remplacer le jugement humain. D’autre part, l’outil doit être suffisamment simple et lisible pour être utilisé dans des ateliers collectifs où les participants manipulent des mécanismes, discutent des scores, comparent leurs hypothèses et identifient des points de bascule.
L’enjeu est donc double : éviter que l’IA renforce des intuitions spéculatives insuffisamment fondées, et éviter qu’un dispositif pédagogique simplifie excessivement des dynamiques systémiques complexes. Le RRL et le SRL cherchent à occuper cet espace intermédiaire entre enquête, médiation et discussion critique.
4. Positionnement dans la famille des RL
| Indice | Nom | Fonction |
|---|---|---|
| TRL | Technology Readiness Level | Maturité technologique |
| HRL | Human Readiness Level | Maturité humaine, adoption, facteurs humains |
| BRL | Business Readiness Level | Maturité business |
| MRL | Market Readiness Level | Maturité marché |
| RRL | Reality Rating Level | Degré d’ancrage dans le réel |
| SRL | Scalability Rating Level | Capacité de propagation / changement d’échelle |
Le RRL et le SRL ne remplacent pas ces indices. Ils les complètent.
- Le **RRL** mesure ce qui existe déjà et à quel degré.
- Le **SRL** mesure ce qui peut se diffuser et à quelle vitesse structurelle.
- Le **MRL** peut compléter l’analyse en indiquant ce que le marché est prêt à absorber.
5. Principes d’évaluation
5.1. Ce que l’outil mesure
L’outil mesure des mécanismes déjà partiellement observables dans le réel, qu’une fiction permet de recomposer, de radicaliser ou de rendre plus visibles.
5.2. Ce que l’outil ne mesure pas
L’outil ne mesure ni une probabilité d’occurrence, ni une prophétie, ni une simple plausibilité narrative. Il ne produit pas de prédiction.
5.3. Règles d’usage
- Toujours noter un mécanisme précis, jamais un thème général.
- Toujours justifier chaque score par des éléments observables.
- En cas d’incertitude, retenir le score inférieur.
- Toujours documenter les freins et contre-forces.
- Toujours indiquer un niveau de confiance de l’évaluation.
- Toujours préciser le contexte géographique, politique et institutionnel.
5.4. Unité minimale d’analyse
Chaque mécanisme analysé doit être défini par :
- des acteurs identifiables ;
- un support (technique, juridique, économique, organisationnel) ;
- une population cible ;
- un territoire, un secteur ou un espace d’application.
6. Méthodologie d’enquête
6.1. Processus général
L’évaluation d’un mécanisme suit six étapes :
- définition du mécanisme ;
- collecte des sources ;
- première proposition de scoring ;
- discussion et ajustement ;
- documentation des freins et contre-forces ;
- attribution d’un niveau de confiance.
6.2. Rôle de l’agent conversationnel
Dans cette méthodologie, un agent conversationnel — par exemple configuré dans Claude — peut jouer un rôle d’assistance à l’enquête. Il peut aider à reformuler l’unité d’analyse, proposer une liste de sources à documenter, générer une première fiche RRL/SRL, proposer des hypothèses de scoring, signaler des freins possibles et produire des variantes de formulation pour les cartes d’atelier.
L’agent ne valide pas les scores. Il ne remplace pas l’évaluateur. Il structure, accélère et explicite le raisonnement, mais la décision finale reste humaine.
6.3. Sources mobilisables
Selon les cas, l’analyse peut s’appuyer sur :
- des rapports publics ;
- des études académiques ;
- des articles de presse longs ;
- des décisions réglementaires ;
- des cas documentés ;
- des corpus internes, si leur statut est explicité.
6.4. Désaccords et stabilisation des scores
Lorsque cela est possible, il est recommandé de faire évaluer un même mécanisme par au moins deux personnes, puis de discuter les écarts. En cas de désaccord persistant, l’évaluation conserve le score le plus prudent et indique un niveau de confiance réduit.
7. RRL : Reality Rating Level
7.1. Définition
Le RRL mesure le degré d’ancrage réel d’un mécanisme fictionnel. Il répond à trois questions : qu’est-ce qui existe déjà, à quel point cela ressemble à la fiction, et si le contexte rend une bascule plus probable ou plus rapide.
Le RRL est un indice d’ancrage, pas de prédiction.
7.2. Structure du RRL
| Dimension | Poids | Rôle |
|---|---|---|
| Base réelle | 50 % | Ce qui existe déjà |
| Proximité fiction / réalité | 30 % | À quel point le réel ressemble à la fiction |
| Conditions de bascule | 20 % | Ce qui peut accélérer le passage vers la forme fictionnelle |
7.3. Formule du RRL
Chaque sous-score est noté sur 5. Le résultat final est exprimé sur 10.
7.4. Échelles de notation RRL
#### Dimension 1 — Base réelle
| Score | Niveau | Description |
|---|---|---|
| 0 | Aucune base réelle | Pure invention narrative |
| 1 | Théorie | Concept discuté, spéculation, anticipation |
| 2 | Signaux faibles | Fragments réels dispersés |
| 3 | Sujet public / prototypes | Débats, rapports, prototypes, controverses |
| 4 | Expérimentations / cas réels | Tests, déploiements limités, premières applications |
| 5 | Réalité installée | Pratique déjà opérationnelle et observable |
#### Dimension 2 — Proximité fiction / réalité
| Score | Niveau | Description |
|---|---|---|
| 0 | Aucun rapport direct | La fiction est sans équivalent réel |
| 1 | Parenté thématique | Même peur, mais mécanisme très différent |
| 2 | Même logique, autre forme | Logique similaire, incarnation différente |
| 3 | Plusieurs mécanismes similaires | La fiction recombine des éléments existants |
| 4 | Très proche | Écart limité entre réel et fiction |
| 5 | Quasi identique | La fiction décrit presque le réel existant |
#### Dimension 3 — Conditions de bascule
Familles de contexte à examiner : politique, géopolitique, économique, structurel, climatique, sociétal.
| Score | Niveau | Description |
|---|---|---|
| 0 | Très défavorable | Nombreux blocages |
| 1 | Défavorable | Peu de conditions favorables |
| 2 | Ambivalent | Conditions mélangées |
| 3 | Favorable | Plusieurs moteurs existent |
| 4 | Très favorable | Le contexte pousse clairement dans cette direction |
| 5 | Accélérateur majeur | Le contexte rend la bascule très probable ou très rapide |
7.5. Règle de plafond du RRL
| Base réelle | RRL maximum |
|---|---|
| 0 | 2 |
| 1 | 4 |
| 2 | 6 |
| 3 | 8 |
| 4 | 9 |
| 5 | 10 |
Le RRL final est le minimum entre le RRL brut et ce plafond.
7.6. Labels RRL
| RRL | Label | Sens |
|---|---|---|
| 0 | Fiction pure | Invention sans base réelle |
| 1 | Spéculation faible | Imaginaire possible mais peu ancré |
| 2 | Spéculation documentée | Quelques références conceptuelles |
| 3 | Signal faible | Fragments réels dispersés |
| 4 | Tendance faible | Sujet visible mais marginal |
| 5 | Pré-réalité | Projets, prototypes, controverses |
| 6 | Réalité locale | Cas réels limités |
| 7 | Réalité sectorielle | Installé dans un secteur ou un pays |
| 8 | Réalité transnationale | Plusieurs régions ou domaines concernés |
| 9 | Réalité mondiale émergente | Structurant mais inégalement réparti |
| 10 | Réalité systémique | Déjà intégré au fonctionnement du monde |
8. SRL : Scalability Rating Level
8.1. Définition
Le SRL mesure la capacité structurelle d’un mécanisme à se propager une fois qu’il existe.
La scalabilité n’est pas une simple potentialité. La potentialité dit : cela pourrait arriver. La scalabilité dit : cela peut être répliqué parce que sa forme même le permet.
Le SRL mesure donc la contagiosité structurelle d’un mécanisme. Il s’agit d’une mesure de structure, non d’une mesure d’intention.
8.2. Pourquoi le SRL est distinct du RRL
Un phénomène peut être très réel mais peu scalable. À l’inverse, un phénomène peut être encore partiellement réel mais très scalable. Le RRL mesure donc la réalité actuelle. Le SRL mesure la facilité de propagation.
8.3. Structure du SRL
| Dimension | Question |
|---|---|
| Modularité | Le mécanisme peut-il être découpé en modules réutilisables ? |
| Coût marginal de réplication | Une fois créé, combien coûte le déploiement ailleurs ? |
| Dépendance aux infrastructures existantes | Peut-il se brancher sur ce qui existe déjà ? |
| Standardisation juridique / contractuelle | Peut-il être reproduit par contrat, norme ou procédure ? |
| Acceptabilité sociale | Les usagers l’adoptent-ils facilement ? |
8.4. Formule du SRL
Chaque sous-score est noté sur 5. Le résultat final est exprimé sur 10.
8.5. Échelles de notation SRL
#### Modularité
| Score | Description |
|---|---|
| 0 | Totalement spécifique |
| 1 | Très dépendant d’un contexte unique |
| 2 | Réplicable avec forte adaptation |
| 3 | Réplicable en partie |
| 4 | Modulaire et transférable |
| 5 | Format standard, plug-and-play |
#### Coût marginal de réplication
| Score | Description |
|---|---|
| 0 | Coût énorme à chaque réplication |
| 1 | Très coûteux |
| 2 | Coût important |
| 3 | Coût modéré |
| 4 | Coût faible |
| 5 | Coût quasi nul |
#### Dépendance aux infrastructures existantes
| Score | Description |
|---|---|
| 0 | Nécessite de tout construire |
| 1 | Infrastructure spécifique très lourde |
| 2 | Infrastructures rares |
| 3 | Peut utiliser certaines infrastructures existantes |
| 4 | Se branche facilement aux infrastructures actuelles |
| 5 | Dépend d’infrastructures déjà mondiales |
#### Standardisation juridique / contractuelle
| Score | Description |
|---|---|
| 0 | Impossible à standardiser |
| 1 | Très dépendant du droit local |
| 2 | Standardisation difficile |
| 3 | Standardisation partielle |
| 4 | Facilement contractualisable |
| 5 | Déjà compatible avec des formats juridiques globaux |
#### Acceptabilité sociale
| Score | Description |
|---|---|
| 0 | Rejet massif probable |
| 1 | Adoption très conflictuelle |
| 2 | Adoption difficile |
| 3 | Acceptation conditionnelle |
| 4 | Adoption probable si bénéfice clair |
| 5 | Adoption quasi automatique ou invisible |
8.6. Verrous bloquants du SRL
| Condition | Effet sur le SRL final |
|---|---|
| Infrastructure ≤ 1 | SRL final ≤ 4 |
| Standardisation ≤ 1 | SRL final ≤ 5 |
| Acceptabilité = 0 | SRL final ≤ 3 |
Le SRL final est le minimum entre le SRL brut et les plafonds éventuellement activés.
8.7. Labels SRL
| SRL | Label | Sens |
|---|---|---|
| 0 | Non réplicable | Cas impossible à reproduire |
| 1 | Cas unique | Dépend d’un contexte très spécifique |
| 2 | Réplication exceptionnelle | Possible seulement dans des conditions rares |
| 3 | Réplication difficile | Beaucoup de frictions |
| 4 | Réplicable sous conditions | Besoin d’un contexte favorable |
| 5 | Réplicable localement | Diffusion limitée mais possible |
| 6 | Scalable sectoriellement | Peut se diffuser dans un secteur |
| 7 | Scalable nationalement | Peut devenir politique ou marché national |
| 8 | Scalable transnationalement | Peut traverser plusieurs pays |
| 9 | Scalable massivement | Propagation rapide et large |
| 10 | Scalable nativement | Conçu pour se diffuser |
9. Réversibilité du SRL et dynamiques de renversement
Le SRL n’est pas une progression monotone. Un mécanisme peut voir sa capacité de diffusion augmenter dans un contexte donné, puis reculer sous l’effet de scandales publics, de décisions de justice, de contre-mobilisations, de changements de régime ou de ruptures géopolitiques.
Un TRL élevé ou une base technique avancée ne garantissent donc pas un SRL durablement élevé. Une technologie peut être techniquement mature, mais devenir politiquement toxique, juridiquement bloquée, culturellement rejetée ou institutionnellement empêchée.
9.1. Facteurs de renversement possibles
- scandales publics et chocs moraux ;
- contentieux, jurisprudence et interdictions ;
- mobilisations sociales ou professionnelles ;
- changement de régime politique ou de doctrine administrative ;
- effets secondaires ou catastrophes médiatisées ;
- fragmentation géopolitique.
9.2. Conséquence méthodologique
L’évaluation d’un SRL doit toujours préciser :
- s’il s’agit d’un état local ou généralisable ;
- si la trajectoire est croissante, stable, oscillante ou décroissante ;
- quels facteurs pourraient faire monter ou chuter le score.
10. Freins, verrous et niveau de confiance
10.1. Freins obligatoires
Pour éviter le biais spéculatif ou dystopique, chaque fiche doit documenter ce qui empêche encore la normalisation du mécanisme.
Freins à examiner :
- juridique ;
- technique ;
- économique ;
- social ;
- politique ;
- culturel ;
- institutionnel.
Question de contrôle obligatoire :
> Qu’est-ce qui, dans le réel, empêche encore ce mécanisme de devenir normal ?
10.2. Contre-forces
Chaque analyse doit également identifier :
- un contre-pouvoir ;
- une résistance sociale ou professionnelle ;
- une limite de marché ;
- ou une incompatibilité structurelle.
10.3. Niveau de confiance
| Niveau | Sens |
|---|---|
| Faible | Cas peu documenté, données lacunaires, analogies fortes |
| Moyen | Documentation partielle, plusieurs indices convergents |
| Fort | Cas bien documenté, mécanisme observable, preuves robustes |
11. Fiche standard d’analyse
**Mécanisme :**
**Chapitre / corpus :**
**Description :**
**Acteurs :**
**Support :**
**Population cible :**
**Territoire / secteur :**
RRL
- Base réelle :
- Proximité fiction / réalité :
- Conditions de bascule :
- RRL brut :
- Plafond appliqué :
- RRL final :
SRL
- Modularité :
- Coût marginal :
- Infrastructure existante :
- Standardisation :
- Acceptabilité :
- Verrous activés :
- SRL brut :
- SRL final :
Trajectoire
- Trajectoire SRL : croissante / stable / oscillante / décroissante
- Facteurs de hausse :
- Facteurs de chute :
Compléments
- MRL :
- Diffusion géographique : local / national / régional / mondial
- Impact systémique : faible / moyen / fort / très fort
- Freins actuels :
- Contre-forces :
- Niveau de confiance :
- Sources principales :
Synthèse
- Ce qui est déjà réel :
- Ce qui reste fictionnel :
- Ce qui peut basculer vite :
- Ce qui empêche encore la normalisation :
12. Lecture croisée RRL / SRL / MRL
| Configuration | Lecture |
|---|---|
| RRL élevé + SRL élevé | Mécanisme déjà installé et fortement propageable |
| RRL élevé + SRL faible | Mécanisme réel mais peu réplicable à grande échelle |
| RRL moyen + SRL élevé | Zone critique : pas encore massivement réelle, mais structurellement prête à se diffuser |
| RRL faible + SRL élevé | Concept encore peu ancré, mais potentiellement très réplicable si un premier cas s’impose |
| RRL moyen + MRL élevé | Le marché est prêt avant que le mécanisme ne soit pleinement stabilisé |
13. Usages : agent conversationnel et ateliers
Le couple RRL/SRL peut être mobilisé pour configurer un agent conversationnel d’assistance à l’analyse. Celui-ci peut guider la formulation des mécanismes, proposer une première lecture des dimensions, signaler les angles morts documentaires et produire des fiches comparables d’un cas à l’autre.
Le couple RRL/SRL peut également être transformé en cartes destinées à des ateliers. Chaque carte peut représenter un mécanisme, ses dimensions de scoring, ses freins, ses contre-forces et une question de discussion ou de simulation.
14. Limites et discussion
Le RRL et le SRL n’éliminent pas la part de jugement interprétatif inhérente à l’analyse de mécanismes complexes. Même lorsque les critères sont explicites, la notation dépend de la qualité des sources, du cadrage initial du mécanisme et du niveau d’expertise des évaluateurs.
Par ailleurs, les scores peuvent donner une impression de précision plus forte que ce que les données permettent réellement. C’est pourquoi la documentation des freins, la mention d’un niveau de confiance et l’usage collectif de la méthode sont essentiels.
Enfin, ces indices ne doivent pas être utilisés comme scores de risque autonomes, ni comme labels définitifs. Ils ont pour fonction principale d’organiser une enquête, de rendre des hypothèses comparables et de soutenir une discussion critique sur des mécanismes déjà partiellement présents dans le réel.
15. Références minimales
- Nikos Smyrnaios, *Les GAFAM contre l’Internet. Une économie politique du numérique*, INA Éditions, 2017.
- Conseil scientifique de l’éducation nationale, *Agents conversationnels en classe*.
- Anthony Masure, *Design et humanités numériques*, B42, 2017.
- Stéphane Vial, *Le design*, PUF, 2015.
- Everett Rogers, *La diffusion des innovations*.
16. Formules courtes
- RRL = ancrage
- SRL = contagion structurelle
- MRL = maturité marché
Ou, sous forme condensée :
- ce qui existe ;
- ce qui se propage ;
- ce que le marché est prêt à absorber.
Formule générale
La fiction n’invente pas un autre monde. Elle assemble des fragments du nôtre jusqu’à rendre visible leur potentiel de normalisation et de propagation.